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Attentes contemporaines et propositions chrétiennes. 

 Conférence donnée par Mme Christelle Javary pour la journée de rentrée à l’IER

En introduisant son propos, elle s’est attachée d’abord à définir le mot « guérison » en tant que guérison corporelle. Puis elle a précisé en quoi ce sujet est pertinent pour aujourd’hui. La question de la guérison étant universelle, un dialogue avec nos contemporains est rendu possible. Quelles sont les propositions chrétiennes ? Comment s’articulent guérison et salut dans la foi chrétienne?

Dans un premier temps, elle a d’abord décrit les points de convergence entre guérison et salut précisant d’abord qu’ils se confondent par leur étymologie commune et la manière dont est décrite la mission de Jésus dans les évangiles présenté à la fois comme médecin des âmes et des corps (Cf. Mc 2,17).

D’abord, elle a développé un premier point commun en se référant à Sg 1,13 : la guérison est une œuvre de Dieu. Le Créateur est glorifié quand nous guérissons car ce qui est vivant glorifie Dieu. Sa puissance permettant d’agir au-delà des limites humaines, c’est par cette relation que nous pouvons guérir (Cf. 2Co 12,10)

Puis, le deuxième point commun qu’elle a précisé, relève des demandes anciennes avec des recompositions contemporaines. De tous temps, l’homme s’est toujours adressé à Dieu ou aux dieux pour « demander un vœu ». Au cours de l’histoire, en Occident, le champ spirituel s’est différencié du champ corporel : aux prêtres la guérison des âmes, aux médecins, la guérison des corps. Aujourd’hui, avec le développement des neurosciences, la frontière est plus floue. Et dans une conception théologique du salut qui doit s’expérimenter ici-bas tout en gardant son caractère eschatologique, guérison et salut peuvent converger.

Dans un second temps, elle a montré que guérison et salut ne coïncident pas toujours. D’abord, en Mt 13,58, Jésus ne guérit pas tous les malades à cause de leur manque de foi.

Bien qu’il guérisse, il n’est pas un guérisseur. C’est seulement par le fait de reconnaître en lui le Christ, que le miraculé obtient le salut.(Cf. Les 10 lépreux).

Un autre point de divergence entre guérison et salut : La croix sur laquelle le corps de Jésus n’a pas guéri mais a pourtant obtenu le salut. Dans son corps crucifié et ressuscité, nous trouvons le salut. « Par ses blessures nous sommes guéris. » Is 53,5

Puis, en Mt 5,45, il nous est précisé que le salut est offert à tous : les bons et les méchants, les justes et les injustes. La guérison est une possibilité à condition de vouloir entrer en relation avec celui-là seul qui guérit. Ainsi, comme il est spécifié dans l’Ecclésiaste, il est légitime de prier pour la guérison et de trouver des moyens pour guérir. Mais attention à l’acharnement spirituel ! Il est nécessaire de cadrer les pratiques pour éviter toute manipulation. Les évêques de France ont publié récemment un ouvrage : « Protection, délivrance, libération. » Ce sont des propositions de célébration qui structurent la liturgie,  une aide pour les ministres et pour les personnes avec qui on prit, pour les unir au mystère pascal.

Dans un troisième temps, elle nous a fait réfléchir sur le fait que penser la non-guérison dit quelque chose du salut. En effet, la maladie en tant qu’elle ouvre à des relations renouvelées permet un chemin d’unification intérieure et de réflexion sur le sens de la vie. Puis, quand la dignité des corps malades peut être proclamée et la faiblesse dite, le salut peut être annoncé. De plus, en référence à St Paul aux Galates, un témoignage de salut peut être donné dans une situation de faiblesse où des gestes et des paroles peuvent être posés avec une autorité indiscutable. Pour accompagner jusqu’au bout, l’Eglise a des trésors qui rendent la personne actrice de la construction. Par l’onction des malades, le corps est restauré pour qu’il redevienne un corps de relations et permette à la personne, avec la communauté qui célèbre avec elle ce sacrement, d’oser une parole face à la mort dans une société qui occulte la mort. C’est un acte de foi en la puissance de la vie qui est à l’œuvre.

Elle a conclu son propos en rappelant que notre corps a de la valeur pour Dieu. Il est le lieu essentiel de la Révélation. Il est aussi le temple de l’Esprit Saint par lequel Dieu est glorifié. Ainsi « soit que je vive, soit que je meure, le Christ sera glorifié dans mon corps. » Ph1, 20

Sr Aurélie ALLOUCHERY


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