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Que ce serait-il passé si les sœurs du Bon Secours s'étaient abstenues de leur devoir à plus de 50% ? Imaginons que plus de la moitié d'entre nous s'arrêtent de cheminer avec les pauvres vers la Vie, ne se déplacent plus pour aller vers les malades, les familles, les résidents, les sœurs …Que deviendrait le Bon Secours si la majorité d'entre nous se disait « à quoi bon tendre ou saisir la main de mon frère, de ma sœur ? » Pourrions-nous croire que ça ne changerait rien ?

Dans la plupart des démocraties où la liberté et le droit de vote ont été gagnés par le peuple il y a plusieurs décennies, le taux d'abstention est de plus en élevé. La France qui sort d'une trop longue période électorale n'a jamais vu un taux d'abstention si élevé depuis la création de la 5ème République. Plus de 57% de la population ne s'est pas déplacée pour aller voter au 2ème tour des élections législatives. Beaucoup de citoyens français ne croient plus en la politique et se délectent dans une certaine morosité. « Ça ne changera rien », « Tous pourris »... D'autres sont devenus indifférents et oublient que le vote est un devoir. « Lui ou un autre... ». Ils ne sont pas forcément convaincus par le candidat élu mais ne sont pas non plus mobilisés contre. Et certains de se dire : « Laissons-lui une chance mais on ne va pas gâcher notre dimanche ensoleillé pour le soutenir! » Cette abstention record marque le désenchantement d'une partie de la population qui voyait en certains partis politiques battus un espoir. Les querelles internes, les débats stériles ont découragé les électeurs déçus par des personnalités politiques qu'ils croyaient fiables et intègres.

Cette démobilisation traduit une désespérance, une lassitude de nombreux concitoyens. Cela interroge. Si ce sentiment que « tout était joué d'avance » avait habité le cœur du Père Millet, que serait devenue son intuition ? S'il était resté en retrait par rapport à ce qui se passait dans les familles, dans les hospices, que seraient devenus les centaines de personnes que nos sœurs ont soignées ?

Apporter des réponses concrètes qui parlent aux gens, qui touchent leur quotidien, c'est ce que l'Esprit a soufflé au Père Millet et aux nombreuses sœurs dont la foi et le désir de se donner aux autres les ont conduites à croire en lui. Les récits de fondation nous montrent comment il a fait preuve d'écoute, de conviction, de conciliation, de détermination pour réaliser ce que l'Esprit lui avait soufflé dans ses visites pastorales. Il avait mille raisons de se décourager, de laisser venir, de renoncer. Face aux logiques d'appareils, combien de fois aurait-il pu se résigner et se dire « les jeux sont faits. » Il aurait pu, lui aussi, s'abstenir devant l'adversité du clergé et des politiques. Mais l'audace et le zèle apostolique l'animaient profondément. C'est cette grâce qui l'a disposé à suivre l'intuition de l'Esprit contre vents et marées. Son esprit de foi ne l'a pas fait fléchir et 177 ans après il demeure encore vivant car enraciné dans le Christ mort et ressuscité, animé par l'Esprit.

Son œuvre, pierre de construction de l'Eglise, est solidement ancrée. Alors, non, le Bon Secours ne peut pas être touché par cette vague d'abstention, de doute général. Nous sommes inscrits dans le cœur du Père et nous avons part à son amour. Pourquoi nous abstenir d'aimer ? Chacune prend part à la mission quel que soit son âge et sa santé, « donne sa voix » aux plus petits et « vote » pour le « parti de l'Espérance.» Parti où la corruption est reconnue et pardonnée, où les querelles sont dépassées par la prière et la réconciliation, où la seule ambition est celle du service, où le seul programme est la Parole de Dieu. Les militantes sont de moins en moins nombreuses mais sont fidèles et se déplacent pour donner leur voix à Celui qui les rassemble, les nourrit, les enseigne, les guérit et les envoie par toutes les nations annoncer la Bonne Nouvelle. L'abstention n'existe pas au Bon Secours car notre voix est toujours entendue par le Père. N’aurait-il pas envoyé son Fils pour recevoir notre procuration ? 

Sr Aurélie ALLOUCHERY


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