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Noël à la Maison d'arrêt de Troyes

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« Et vous m’avez visité »

Cette année, encore une fois,  j’ai eu la joie d’aller pour la célébration de la messe du 25 décembre, à la Maison d’Arrêt  de Troyes qui accueille des personnes en attente de jugement. Elle a une capacité de 113 places.

Nous étions huit, avec le père Stenger, un diacre et sa femme, deux guitaristes pour la visite et l’animation de la célébration.

Première étape, la série des portes de sécurité avant d’arriver à la salle polyvalente. Après quelques minutes d’attente, un petit groupe de 11 personnes arrive. Pour la célébration, je suis à côté de  Christophe, son regard est doux, pensif. Ma question de toujours est là : Que s’est-il passé dans la vie de cet homme pour devoir être encore enfermé 10 ans?

Puis nous chantons et ces hommes mettent tout leur cœur : « Il est né le divin Enfant » « Le Sauveur que le monde attend. »

Dans le mot d’accueil, Christophe dit au nom des autres : « Notre reconnaissance aux personnes qui en ce jour de fête sont venues nous  rejoindre, nous témoignant que nous ne sommes pas oubliés et faisons partie de la famille de l’Eglise. »

Dans sa simplicité et sa profondeur, le père Stenger nous dit : « Jésus est né dans l’étable, c’est les bergers qui sont venus, des gens pauvres comme moi, et  vous. Dans notre cœur nous pouvons l’accueillir, lui parler comme un ami parle à son ami. »

Au moment de la paix du Christ, je reçois l’accolade de Christophe, ce geste si beau dans ce lieu où la violence et l’agressivité est  présente. A la fin de la célébration, ce chant résonne fort : « Cet Enfant né aujourd’hui, c’est l’amour infini ! »

Et Christophe de me dire : « C’est formidable tout ça. J’ai déjà fait 4 ans, il me reste 11 ans, c’est dur, mais avec ce que j’ai fait, c’est normal que je sois ici, mais je dois tenir, je sais que mes enfants m’attendent et la foi en Jésus m’aide. »

Avant de quitter ces lieux, un temps d’échange et de convivialité. Une petite crèche offerte à chacun, confiserie, timbres, cartes postales.

Après cette visite j’ai rendu grâce. Oui, je crois que, pour le Christ et son Eglise, aucune personne ne peut être réduite aux actes mauvais qu’elle a commis. La personne peut regretter, reconnaitre sa faute, se repentir, demander pardon, assumer la peine logique à laquelle elle est condamnée et décider de changer de vie.

L’accompagnement, moyen qui peut offrir un chemin de guérison, même si long. L’Eglise par la présence à travers la pastorale des prisons essaye de le faire.

« J’étais en prison et vous m’avez visité. » Mt 25.

Alors, nous pouvons croire qu’en ce jour, nous avons visité Jésus mais nous avons été aussi ce chrétien, un autre Christ Jésus qui visite son frère blessé.               

Sr Nadine TENACE


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