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Vers la reconnaissance du Père Millet comme vénérable

Vers la reconnaissance du Père Millet comme vénérable

Compte rendu  de l'intervention de Monsieur Charlot, Postulateur de la cause de notre Fondateur, le Père Paul-Sébastien Millet,

lors de la rencontre à la Maison-Mère du 30 avril 2017,

Après avoir commencé par un temps de prière, Monsieur Charlot s’est présenté en faisant un parcours de sa vie personnelle, familiale et professionnelle - ses engagements au sein de l’Eglise diocésaine de Troyes et au-delà. Il est envoyé par l’Evêque, le Père Marc Stenger. Il nous précise tout de suite que c’est l’Evêque du lieu qui tranchera sur la sainteté du Père Millet, ainsi que Rome. Pour l’instant nous en sommes à de simples recherches, ensuite, s’il y a lieu, il y aura une enquête préalable par Rome.

Quelques rappels : le Père Millet est né en 1797 après la Révolution et la Terreur de 1793. Il est décédé en 1880. En 1840, il concrétise son intuition : les sœurs seront gardes-malades à domicile, jour et nuit. De 1862 à 1863, il est à Rome pour obtenir l’autorisation de fondation par le Pape Pie IX, puis il revient à Troyes.

Aujourd’hui, 220 ans après sa naissance, il est envisagé une Béatification de cet homme. À l’heure actuelle et depuis 1 an ½, une enquête préalable se travaille. Cette démarche s’inscrit dans un cadre juridique et théologique (Jean-Paul II 18 janvier 1983). En 2007, une clarification se fait pour être « serviteur de Dieu » - ce serait le cas probable du Père Millet. Le futur béatifié serait nommé « serviteur de Dieu ». Si on est convaincu, le postulateur enverra « un libelle » à l’Evêque de Troyes, puis un envoi à Rome par ce dernier. Au préalable, la demande doit être faite par la Congrégation. La démarche sera ensuite élargie à ses confrères (évêques des autres diocèses là où il y a eu présence du Bon Secours). Il sera constitué une commission de théologiens, d’historiens.

Consultation des témoins : aujourd’hui plus de témoins oculaires, mais un groupe de travail supplée ce manque. S’il s’avère un ou plusieurs miracles, il faut voir la commission médicale puis ensuite faite retour à la Sacrée Congrégation des Saints.

Le travail du petit groupe consiste à étudier les archives, les écrits pour dégager les vertus héroïques du Père Millet. Cela demande un travail méthodologique de recherche pour exploiter les archives, les documents qui n’est pas sans difficulté. Une confrontation doit être faite avec d’autres archives pour exploiter les différentes biographies afin de retracer la figure du Père Millet dans le cadre historique et théologique de l’époque en tenant compte  des divers courants (gallican et janséniste) et des idées nouvelles issues de la révolution et de la philosophie des Lumières (un grand bouleversement de l’époque). Si ce travail n’était pas fait, le risque est de faire des anachronismes en parlant du Père Millet avec nos termes d’aujourd’hui. Par exemple : le Père Millet a été en conflit avec son Evêque : pourquoi cela a été ainsi dans l’histoire ? Il a été voir le Pape à Rome au lieu de l’Evêque du lieu : pourquoi ? Donner une saine explication. Considérer aussi comment ça s’est passé à Auxon et à Arcis. Tout cela est à comprendre. A Arcis, terre natale de Danton, on disait que le Père Millet était le Danton des pauvres. Il existait beaucoup de bonneterie qui sont devenues des affaires familiales. De plus, beaucoup de congrégations s’occupaient déjà des malades. Pourquoi une nouvelle congrégation ? Des gardes-malades, jour et nuit pour des femmes, est-ce normal ? Même le pape était réticent. L’influence des femmes à cette époque était importante ! Les femmes prenaient en charge l’évolution de la condition féminine (époque de Rousseau et Voltaire). A l’époque, les femmes s’occupaient beaucoup de l’éducation. Le charisme du Père Millet s’inscrit dans ce courant.

Le Père François Morlot a fait un travail important qui aide Mr Charlot. Les écrits des Pères Prévost, Lalorre, également le livre de Micheline Tenace « L’audace de la foi » apportent beaucoup sur le charisme. Le Père Marc Stenger a parlé de la figure du Père Millet aux prêtres d’aujourd’hui de son diocèse.

Le travail du groupe consiste à faire des fiches de lecture pour une meilleure synthèse globale des vertus héroïques. Il faut faire parler les archives, les livres, etc… puisqu’il n’y a plus de témoins oculaires. Un premier rapport (120 pages) a été rédigé et remis à l’Evêque. Un deuxième rapport sera remis à la fin de l’année (2017). Ce travail est fait pour comprendre et déterminer les vertus, la figure du Père Millet, son caractère, sa psychologie, sa vie avec les autres prêtres, comment il parlait « à ses filles » etc…

Faire mémoire du passé en action de grâce est un axe essentiel.

Sr Martine CHENEVET

* * *

Un témoin de la compassion du Christ. 

Notre évêque, le père Marc Stenger qui approuve et encourage la recherche, a demandé au père Nicolas Derrey d’être dans l’équipe de travail, avec Sr Marie Dominique, Martine et moi-même nommées par la supérieure générale, la Commission « Célébrer et Annoncer » à son niveau est aussi pleinement partie prenante de ce travail.

Pour la première étape :

Il nous fallait relire nos livres, documents, Constitutions, témoignages  puis écrire une bibliographie  ‘’actualisée ‘’ sous forme d’un petit livret pour faire connaitre dans le diocèse de Troyes la figure de ce prêtre-fondateur, témoin de la compassion du Christ. La collaboration et le soutien de nos amis dans le Seigneur nous furent précieux.

Pour la fête diocésaine, à Troyes, le 28 juin, les sœurs de Bon Secours se sont mobilisées pour la distribution de ce petit livret. Quel beau travail d’Eglise ! Notre cher père Millet et nos sœurs qui sont auprès du Seigneur devaient se réjouir.

Pour  la deuxième étape:

La Congrégation, par l’évêque du diocèse, demande au Dicastère des Causes des Saints, d’introduire celle concernant le père Millet.

Il nous faudra s’investir et travailler à partir des archives, non seulement du Bon Secours à Troyes mais aussi des autres communautés, des lieux de vie du Père Millet, familles, séminaire diocésain, témoignages de ses contemporains et archives du Vatican. Puis écrire une bibliographie scientifique, vérifiable et contestable.

Appel à toutes les communautés...

Allez voir vos archives, si vous avez des lettres, documents significatifs sur la vie selon l’évangile du père Millet, veuillez en faire des photocopies et envoyer au secrétariat général  à sr Marie Dominique.

Au cours de mon séjour à la communauté de Rome, j’ai pris contact avec le secrétaire général des pères camilliens, lui demandant ce service de rechercher des traces écrites concernant le père Millet qui, pendant son séjour à Rome de 18 mois de 1861 à 1863, a beaucoup fréquenté leur église de la Madeleine. Il avait une grande dévotion pour St Camille de Lellis qui est le deuxième saint patron de la congrégation. Probablement qu’il s’est inspiré de sa spiritualité du « Prendre soin de l’humanité souffrante ». Nous avons échangé et partagé, quelque chose du faire Eglise s’est vécu, ce fut bonheur.

Du travail reste à faire et cela n’est pas l’affaire uniquement de quelques sœurs, mais de toute la Congrégation et chacune peut porter dans la prière ce projet  et sa réalisation.

Sr Nadine TENACE  


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