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Lettre du Père Millet "Mourir aux chevets des malades..."

Lettre du Père Millet

A l’occasion de la mort de Sœur Marie 

Rome, le 18/10 ( ?) /1862 

Mes chères Sœurs,  

                Un de ces coups qui me frappent si souvent depuis que je suis loin de vous vient de faire à mon pauvre cœur une plaie plus large encore !

La Sœur Marie est morte… Elle est morte loin des siens et comme abandonnée du ciel et de la terre ! Plus d’une fois en lisant la vie des saints, nous avons remarqué cette conduite de Dieu à leur égard et nous avons adoré ses desseins ! Ici faisons de même. Permettez-moi pourtant quelques réflexions, c’est un besoin pour moi autant qu’un devoir. La Sœur Marie, dès le berceau, rêvait la vie religieuse, ses instincts la portaient à la vie active, à la vie des bonnes œuvres. A l’âge où les petites filles commencent à courir après les vanités, on la voyait courir avec un zèle d’apôtre après les brebis égarées.

                Bientôt les affligés, les malades, surtout les pauvres deviennent l’objet de sa prédilection, ses soins de la nuit et du jour leur sont assurés !

                C’est dans l’exercice de ces œuvres de la plus belle des vertus que je me suis adressé à elle il y a 23 ans pour la prier de m’aider à poser la première pierre de l’édifice du Bon Secours.

                Depuis, vous savez si elle s’est démentie, si l’âge, les infirmités, la faim, la soif, les haillons, le choléra, les épidémies, vous savez si rien a été capable d’arrêter son zèle pour les malades et les malades de sa prédilection, les pauvres.

                Si elle a donné dans les excès, c’est dans ceux de la pauvreté et de la charité or, ce sont vous le savez, les deux caractères qu’on doit lire sur le front du Bon Secours !

Mes Sœurs ; mourir à son poste, c’est mourir au champ d’honneur ; c’est mourir en brave ! C’est mourir en fondatrice de gardes-malades !

Mourir au chevet de son malade à 70 ans, c’est laisser aux sœurs un grand exemple de dévouement et imprimer au front du Bon Secours un grand rayon de gloire !

Si le ciel, sans doute, ne lui refuse encore la satisfaction de voir couronner bientôt son Bon Secours, que pour se donner le plaisir de commencer par la couronner elle-même !

Elle a droit à nos suffrages, la prière, peut-être la plus efficace que nous puissions faire, c’est d’imiter cet esprit de simplicité et de charité, c’est de bien vivre, si nous voulons bien mourir !

                C’est ici la source de toutes les grâces, je prie le Seigneur de les répandre sur vous en abondance.  

Paul Sébastien Millet

 

 

 

 


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