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De Milan, dernier message de Sr Rosa et Sr Anne-Joséphine... 

A-dieu  Milan ! Adieu Al Duomo, à notre Eglise, aux personnes malades, âgées, seules, handicapées que nous avons tant aimées ! A-dieu à Fernando (notre clochard) qui, quand il restait une semaine sans nous voir, faisait le tour de la ville pour aller à notre recherche ! Adieu aux périphéries de Milan si chères au cœur du Pape François !

Un jour, lors d’une rencontre avec un groupe d’amis, je leur annonce que je vais quitter Milan définitivement. « Où allez-vous ? » me disent-ils. Je leur réponds que je pars à Rome. « A Rome ? Qu’est-ce que vous allez faire à Rome ? Ici vous avez votre place, tout le monde vous aime et qui remplacera ? » « Personne. » « Comment personne ? Nous allons écrire au Pape. » « Non ce n’est pas la peine, nous n’avons rien à voir avec le pape, nous devons obéissance à notre Supérieure Générale. » « Et bien donnez-nous l’adresse, nous allons lui écrire. 2018 ne nous porte pas chance : l’évêque s’en va, le curé de la paroisse a donné sa démission et le Bon Secours nous quitte ! Non il y a quelque chose dans l’Eglise qui ne va pas. Nous allons faire une pétition pour que vous restiez encore longtemps avec nous. Que vont devenir les rues et les gens sans Sœur Anne ? »

Je suis restée 53 ans à Milan où j’ai vécu une vie d’amour, une vie de joie, une vie de peine auprès des membres souffrants. 53 ans, c’est un bail ! « Cheminer avec » pendant 53 ans de présence auprès des membres souffrants : aujourd’hui ma mission est accomplie. Le Seigneur lui-même le dit : Dieu est amour ! Celui qui demeure dans l’Amour demeure en Dieu et Dieu en lui. Aujourd’hui tout est accompli : il faut partir…

Partir, quitter, faire ses adieux à tout, ce n’est pas si facile, ni sans peine, c’est un grand départ après 53 ans. Mais pour s’approcher toujours plus près de Dieu, il faut sans cesse quitter, partir, laisser tout pour un autre pays, la séparation finalement n’est pas dans l’éloignement mais le détachement.

Pour moi, c’est une grande occasion de revivre la foi dans toute sa dimension car à 88 ans devoir quitter le pays où je suis née, c’est dur. Mais il faut mettre sa main dans la main de Dieu et partir en disant : « Mon Dieu que ta volonté soit faite. Tu nous as faits pour toi, Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi. »

J’ai tenu bon, j’ai mené le bon combat à cause de l’affection et l’amitié de ma Supérieure Sr Rosa et aussi de certaines sœurs de la congrégation à que je dis grand merci ! Vive la fraternité, vive l’affection, vive l’Esprit d’humilité, de charité, de simplicité !

La fermeture de la maison a été longue, on ne voyait plus le bout du tunnel, nous avons souffert de voir mourir à petit feu notre maison et ne souhaitons à personne de vivre cette agonie.

Pendant un an,  nous n’avons fait seulement que prier, souffrir, se taire. C’est avec le cœur gros et les larmes aux yeux, que je termine en disant comme le Pape François : « Priez pour moi ».

Sr Anne Joséphine

« A la recherche de la joie…

J’ai tourné le monde pour trouver la joie mais je ne l’ai pas trouvée.

J’ai traversé la mer pour être sûre de la trouver.

Je l’ai cherchée partout dans les spectacles de la nature, même dans les grands salons, dans les fêtes, dans les grandes habitations de l’univers. Non jamais je l’ai trouvée. Enfin un jour, je l’ai trouvée et après cette découverte, mon âme bondit de joie.

Mais laissez-moi vous dire où je l’ai trouvée ? Mais surtout ne pleurez pas, écoutez-moi, regardez-moi, voyez mes larmes. Je l’ai trouvée dans l’humble tabernacle où réside Jésus Hostie. Je sais en qui j’ai cru. » 

Notre vocation a commencé lorsque Dieu le Père nous a appelés à participer par notre baptême au mystère de son fils crucifié vainqueur de la mort, et c’est ce même appel que nous reconnaissons à chacune des étapes de notre vie.

En 12 ans de présence à Milan, j’ai eu beaucoup de joies, mais aussi beaucoup de peines car la vie se charge de vous donner des occasions de se réjouir, de prier, de danser, de chanter, de rire et de pleurer.

C’est la troisième maison que je ferme après Florence et Fribourg. Inutile de vous dire si mon cœur continue de pleurer.

Aujourd’hui, à nouveau tout est accompli. Il faut partir, quitter tout. Il faut faire ses bagages, seller son âne, faire ses adieux et se mettre en route. La montagne de Dieu est à peine visible dans le lointain.

Avant tout j’aimerai dire haut et fort: « Merci, oui, grand merci, à notre Supérieure générale pour sa confiance, à l’occasion de cette fermeture de maison. Il a fallu cheminer longtemps ensemble. »

Puis un merci grand comme le monde aux sœurs de la congrégation qui nous ont soutenues par la prière et l’affection, par lettre, par mail, par téléphone. Toutes ces marques de délicatesse m’ont fait chaud au cœur. On a beau dire, dans la congrégation, on sait vivre la fraternité de loin comme de près.

Maintenant, la cloche annonçant notre départ a sonné. Il s’agit de mettre nos pas dans les pas de Dieu et refaire son don total, même avec les larmes aux yeux.

Merci aussi à notre nouvelle supérieure, sr Marie-Ange qui nous accueille à la communauté de Rome avec fraternité afin que nous grandissions ensemble dans la même direction, dans une même foi avec le même esprit.

Avec la grâce du Christ ressuscité et l’aide de la vierge Marie, Notre Dame de Bon Secours et le soutien de notre Bon Père, que nous puissions fleurir ensemble là où Dieu nous envoie.

Sr Rosa RANAUDO

***

Fermeture de la Maison... tristesse.

Pourtant, la vie continue bien que chaque jour nous vivions dans un esprit de détachement nous préparant à une autre vie. Cette fermeture de maison est une souffrance et la lenteur de l’administration ne nous aide pas à tourner la page.

Ce qui nous fait tenir debout, c’est notre union à Dieu par la prière personnelle et la foi profonde dans un réel détachement des choses, des lieux, des personnes.

Vivre chaque jour sachant qu’il faut partir et fermer la maison n’est vraiment pas gai. C’est pourquoi nous comptons sur vos prières.

Le Pape François nous invite à regarder la Croix du Christ pendant ce carême, c’est lui notre seul réconfort, notre joie, notre force dans les épreuves de la vie de chaque jour.

Sr Anne Joséphine et Sr Rosa

* * *

Noces de diamant de Sr Anne Joséphine!

Le 3 avril 2017, la communauté a fêté mes noces de diamant. La célébration a eu lieu en notre chapelle où étaient rassemblés amis et bienfaiteurs du Bon Secours. La chapelle était comble.

La Messe a été célébrée par Monseigneur Stucchi, responsable de la Vie Consacrée féminine. Au commencement de la célébration, son Eminence m’a invitée à donner mon témoignage de Vie Religieuse, le voici.

"Bonjour et bienvenue chers amis,

Aujourd’hui je fête mes soixante années de vie religieuse dans la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de Bon Secours de Troyes (France), fondée en 1840 par le Père Paul Sébastien Millet. Notre charisme est de cheminer avec les pauvres vers la vie.

Mon idéal de jeunesse a toujours été de me faire religieuse et me donner à Dieu pour toujours et à aider mon prochain.  A l’âge de 19 ans, j’ai rencontré une sœur de Bon Secours venant d’une mission en Afrique, cette rencontre m’a affermie dans ma vocation.

 En 1954 je suis rentrée au noviciat où j’ai commencé mon parcours. Puis en 1957, j’ai fait ma profession religieuse en prononçant les trois vœux de chasteté, pauvreté et obéissance. C’est un jour que je n’oublierai jamais, la joie de faire partie d’une Congrégation et d’être arrivée à réaliser mon rêve.

A la sortie du noviciat, j’ai été envoyée à la communauté d’Arcis-sur-Aube, maison de fondation, où je soignais les malades et faisais du catéchisme aux enfants.

 En 1961, j’ai été envoyée à la communauté de Rome avec la mission de m’occuper des jeunes postulantes. J’étais heureuse de rester avec des jeunes, prier avec elles à la recherche d’une vie spirituelle profonde. La prière est importante dans notre vie apostolique, nous y trouvons la joie, la force et l’amour de Celui à qui nous avons tout donné. Toujours  à Rome, j’ai fait mes études d’infirmière à l’hôpital Gemelli.

Après avoir obtenu mon diplôme en 1967, j’ai été envoyée à la communauté de Milan, via Mancini, où je me trouve encore aujourd’hui, exerçant mon métier d’infirmière, soignant des personnes âgées, jeunes ou handicapées. J’enseigne aussi la couture, la peinture, la danse. Ma mission, je l’ai accomplie avec un grand amour, je me rendais compte que les pauvres et les malades sont les privilégiés de Jésus.

Je remercie Dieu de m’avoir choisie parmi tant d’autres, de m’avoir donné ce don qu’est la vocation religieuse. Soixante ans, c’est un beau et grand parcours ! Comment ne pas dire merci à Dieu et à notre Mère Céleste qui m’ont toujours guidée dans les moments difficiles de la vie. Avec joie et amour, je suis arrivée à l’âge de 87 ans, espérant que le Bon Dieu me réserve encore quelques années pour pouvoir prier, chanter, danser, jouer, aimer davantage.

Un grand merci à ma Congrégation, ma communauté de Milan, à ma supérieure Sœur Rosa qui a tant fait pour moi. Je suis très émue et reconnaissante de voir tous mes amis qui sont venus m’entourer en ce jour de fête. Merci à notre Evêque qui a accepté de venir célébrer l’Eucharistie. A vous tous, chers amis, grand merci pour votre affection et pour le bien que vous me souhaitez. Je termine avec l’appel du Pape François : « Priez pour moi. »

Après un moment de silence, la Messe a commencé avec des chants magnifiques et priants. Nous avons communié sous les deux espèces. A la fin de la célébration, Sœur Rosa s’est adressée à l’assemblée pour dire que l’amitié ne se termine pas là, qu’elle doit continuer aux longs des jours et en attendant, tous étaient invités dans le jardin pour y partager le verre de l’amitié et quelques gâteries. Beaucoup ont fait des photos souvenir, tout le monde avait des visages de « ressuscités », chaque personne a reçu sa bonbonnière que j’avais fabriquée. L’Evêque a partagé le repas avec la communauté et ma famille. Tous sont repartis heureux.

Merci Mon Dieu pour le soleil, la lune et les étoiles de l’amitié.

Sœur Anne-Joséphine D'ABBUNDO

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Visite du Pape François en terre ambroisienne à Milan  

Le 25 mars, fête de la Congrégation, mais aussi cette année, un grand événement pour le peuple chrétien et non chrétien de Milan : la venue du Pape François à Milan !

Une foule immense l’attendait, déjà sur la piste de l’aéroport de Linate, puis dans les rues de la ville. Que d’applaudissements ! Que de cris de joie ! Que d’émotions ! Les drapeaux, les mouchoirs, tous émus de joie jusqu’aux larmes, on aurait dit Jésus faisant son entrée à Jérusalem.  Il est passé tout près de chez nous, pratiquement dans notre rue, pour se diriger vers « Il Duomo » où il y avait une foule considérable de prêtres et de religieuses qui l’attendaient. 

Son but était de confirmer ses frères et sœurs dans la foi. S’adressant aux religieuses, il demande de ne pas perdre la joie d’évangéliser, d’aller aux périphéries pour annoncer l’Evangile en se faisant pauvre et humble.

Ensuite il a suivi le programme de sa journée en allant à la prison et au stade. Nous l’avons suivi devant la télévision car c’était trop loin et trop fatigant pour nous. Tout le monde avait peur d’une mauvaise journée annoncée par la météo mais elle fut resplendissante.

Après son départ, le ciel s’est obscurci et une pluie battante est tombée, Dieu a fait un miracle, il faut y croire ! Merci ! Pape François, tout le monde vous aime !

Sœur Anne-Joséphine

Sœur Rosa Ranaudo 

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Tremblement de terre : interrogation sur Dieu. 

Que de fois, suite au tremblement de terre, des personnes se demandent où est Dieu dans cet évènement. Pourquoi ce Dieu de miséricorde permet une chose aussi horrible pour ses créatures? Pouvons-nous encore croire à la providence devant tant de brutalité de la nature? 

« Oui » devant tant de brutalité de la nature et cette souffrance de la dévastation, nous n’avons pas de réponse. 

La terre a tremblé, la terre tremble toujours, les habitants vivent dans l’angoisse, n’ayant plus rien pour se nourrir et se vêtir, beaucoup perdent espoir. L’Italie est en deuil, beaucoup pleurent un être cher qui un fils, une fille, qui une grand-mère, un grand-père, qui un père, une mère, qui des amis. Comment se relever après avoir tout perdu, tout espoir pour l’avenir ?

La Communauté est proche de ces personnes par l’écoute, par une parole de consolation.

C’est pourquoi nous nous sommes unies aux personnes de la ville de Milan qui ont organisé un marché artisanal. Sœur Anne-Joséphine a tenu un stand avec l’aide de son frère et sa belle-sœur, ils ont vendu des objets que notre sœur confectionne au cours de l’année au profit des personnes dans le besoin. La vente a été modeste, c’est une goutte d’eau dans la mer, mais c’est une façon, pour la Communauté, d’être présente et solidaire, de communier à la souffrance humaine.  « Pleurer avec ceux qui pleurent ».

Sr Rosa Ranaudo

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« L’AMITIE EST UN TRESOR, ALORS JE LA CULTIVE » 

Un jour je rencontre Mr X : « Oh ! Bonjour Monsieur ! » « Oh ! Bonjour chère Sœur Rosa, où allez-vous par cette chaleur ? » Je lui réponds que je vais chez une amie, lui faire une visite d’amitié.  « Mais quel bonheur ! Vous en avez de la chance d’avoir des amies ! Moi, je n’ai aucun ami, ma femme est jalouse de tout, personne ne vient à la maison, je dois me contenter de vivre en solitaire pour avoir la paix. La jalousie fait perdre toute amitié, tout contact humain, je me sens seul… La jalousie est une bête féroce, malheur à celui qui en est atteint, c’est un cancer qui fait mourir l’amour et la tendresse à petit feu. »

Le 23 juin notre communauté a reçu Sœur Maria Grazia D’Avino pour quelques jours de repos. Cet accueil a permis de nous renouveler, d’échanger des souvenirs de nos parents, de notre enfance. La Communauté la remercie pour ce temps de rencontre amicale, fraternelle, pour son sourire, sa disponibilité, sa gentillesse et son humilité.

Le 16 août la Communauté a reçu également Sœur Pauline Ridley.  Mais quelle chance pour nous, elle a été comme un rayon de soleil… Que de bons souvenirs de notre jeunesse évoquée ensemble ! Dans notre communauté nous vivions une vraie fraternité, nous avions une Supérieure formidable qui vivait de l’Evangile et se nourrissait de la Règle de vie. Notre Sœur Jeanne Hélène à qui va toute notre amitié, notre affection, nous lui souhaitons de longs jours encore, nous la félicitons pour sa grande foi, qu’elle nous a transmise, elle a été « la femme forte » dont parle l’Evangile. Sœur Jeanne Hélène, merci pour votre foi profonde. Sœur Pauline est toujours restée une amie fidèle sur laquelle on peut toujours compter, quand on a un problème avec elle tout est résolu en un clin d’œil. Qui a trouvé une amie fidèle a trouvé un trésor. C’est vrai il y a des personnes qui ont ce charisme et ce charisme nous avons du mal à le voir chez les autres. Nous remercions notre Sœur Pauline de sa présence parmi nous et nous l’encourageons à revenir aux prochaines vacances.

Vivre une vraie amitié, c’est le bonheur de toute humanité, de tout chrétien, de toute religion. Jésus nous le répète sans cesse : « Aimez-vous les uns les autres ». Je me pose chaque jour cette question : « Savons-nous aimer vraiment en communauté ? » Mr X me disait : « Celui qui n’aime pas c’est parce qu’il n’a jamais su aimer dans sa vie ». Aimer cela suppose l’humilité, la charité, la simplicité, c’était la devise de notre jeunesse. La vie est un cadeau, l’amitié se construit chaque jour par la prière, l’affection, l’accueil. Une fleur peut se faner mais une amitié fidèle ne se fane jamais.

Sœur Rosa Ranaudo et Sœur Anne-Joséphine 

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L’Église locale s’est donnée une orientation missionnaire : « la mission de la famille au service de l’Évangile » par l’écoute de la Parole de Dieu, la communication de la foi pour que la famille devienne « âme du monde » et la paroisse « famille des familles. »

La communauté fait sienne cette visée missionnaire et contribue à l’évangélisation par le service des malades et leurs familles.

La mission se traduit par diverses présences et activités aux personnes âgées, aux personnes handicapées, aux associations confessionnelles et non confessionnelles, visites aux personnes isolées 
collaboration avec les laïcs pour les missions lointaines, l'aide aux devoirs pour les enfants immigrés chrétiens ou non.

Site du diocèse: www.chiesadimilano.it


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