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"J'ai fait un rêve"

L'édito sur RCF de Sr Véronique Margron, théologienne moraliste et présidente de la CORREF

Demain, 4 avril, nous ferons vive mémoire d’un drame : l’assassinat, il y a juste 50 ans, le 4 avril 1968 à Memphis, de Martin Luther King, pasteur baptiste, Prix Nobel de la paix en 1964.

 « Le moment est venu - disait-il dans son immense discours du 28 août 1963 à Washington, devant plus de 200. 000 personnes réunies lors de la grande marche pacifique - le moment est venu de tirer notre nation des sables mouvants de l'injustice raciale pour la hisser sur le roc solide de la fraternité ; le moment est venu de réaliser la justice pour tous les enfants du Bon Dieu […] Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : "Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux." Je rêve que, un jour, sur les rouges collines de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité. […] Avec une telle foi nous serons capables de distinguer, dans les montagnes de désespoir, un caillou d'espérance. »

Ces paroles prophétiques sont directement inspirées des versets d’Isaïe 11, 1-9 : « La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau ». Car ces versets d’Isaïe ne sont pas un conte de fées pour endormir les enfants malheureux et humiliés. Ils sont la préfiguration de l’avenir que le Dieu de Matin Luther King, le Dieu de toute Alliance, veut pour l’humanité.
 
Depuis 50 ans, l’histoire témoigne que nul n’a pu réduire cette voix au silence. Des milliers et milliers de défenseurs des droits, de poètes, d’enfants, de noirs et de blancs s’en sont emparés.
 
Notre monde reste une jungle où les loups dévorent les agneaux ; un monde où les ours, les lions sauvages dévorent les plus faibles et des peuples entiers. Mais c’est parce que ce monde est ce qu’il est, barbare trop souvent, que l’honneur de l’humain est de protester, de le refuser, de ne pas se résigner à cet état des choses et de s’impliquer, à sa mesure. Mais toute sa mesure.

Car de qui donc parle le prophète quand il annonce un envoyé inédit, plein de sagesse de force et de bonté ?Luther King l’avait compris : c’est de chacun de nous dont il est question, quand il se lève pour le droit et la justice, pour la paix et la dignité. Quand il se lève en frère et ami de l’humanité.


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